15.05.2026

LOCO / DREAM

Un réseau bruxellois de mutualisation logistique et un dispositif de récupération d’invendus qui renforcent la redistribution alimentaire entre donateurs, plateformes et associations d’aide alimentaire.

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Informations pratiques
Description
Timeline
Acteurs
Points forts et offre
Logistique urbaine
Impacts positifs
Besoins
Casse-têtes logistiques

Informations pratiques

Quoi ?
LOCO est un réseau d’organisations d’aide alimentaire fondé sur le partage et la mutualisation des expertises, des contacts et des moyens. DREAM, pour Distribution et Récupération d’Excédents Alimentaires à Mabru, est un projet porté par le CPAS de la Ville de Bruxelles. Il collecte des invendus, notamment au marché matinal de Mabru mais aussi auprès d’autres fournisseurs, pour les redistribuer au secteur de l’aide alimentaire.

Qui ?
LOCO asbl, les organisations membres du réseau, le CPAS de la Ville de Bruxelles, Mabru, les associations d’aide alimentaire, les communes et CPAS partenaires. DREAM est un acteur du réseau LOCO, au même titre que d’autres organisations, mais ne constitue pas une antenne logistique de LOCO.

Où ?
Région de Bruxelles-Capitale, notamment à partir du marché matinal de Mabru, avec des livraisons vers des associations bénéficiaires dans différents quartiers, y compris les Marolles.

Quand ?
DREAM existe depuis la mi-septembre 2015.
LOCO est issu du groupe de travail “logistique collaborative” lancé en 2016 par la Concertation Aide Alimentaire, incubé de 2017 à 2021.
L’asbl LOCO est créée en décembre 2021.

Contact
LOCO asbl — info@loco.brussels — +32 (0)488 91 29 10
Romain Alaerts — coordinateur — romain.alaerts@loco.brussels
DREAM / CPAS de Bruxelles — Esteban Jaime Tornin — chef de projet — esteban.jaimetornin@cpasbxl.brussels — 0492/91.55.04
Hannah Balthazar — responsable du pôle d’activités — hannah.balthazar@cpasbxl.brussels — 0476/02.33.41

Ressources
www.loco.brussels ; site du CPAS de la Ville de Bruxelles ; rapport d’activités LOCO 2022–2024 ; entretien Hannah / Justine.

Description

LOCO et DREAM répondent à un même enjeu général : comment mieux organiser les flux alimentaires issus des dons et invendus pour soutenir les associations d’aide alimentaire bruxelloises. Mais les deux dispositifs n’ont pas le même rôle.

DREAM est un dispositif logistique structuré, porté par le CPAS de la Ville de Bruxelles. Il récupère des fruits, légumes et autres denrées invendues, notamment à Mabru, les trie, les stocke, encode les disponibilités et prépare des commandes pour des associations bénéficiaires. Il assure ensuite des livraisons vers différents quartiers.

LOCO est un réseau de mutualisation, de coordination et de soutien aux organisations d’aide alimentaire. Il met en relation donateurs et associations, accompagne les dons de surplus, mutualise véhicules et espaces de stockage, développe des outils comme la Bourse aux dons, et soutient une meilleure organisation du secteur.

L’intérêt de cette fiche est de montrer que l’aide alimentaire n’est pas seulement une question de générosité ou de disponibilité des denrées. C’est aussi une logistique exigeante : collecter tôt, trier vite, stocker au froid, livrer au bon endroit, respecter les normes, gérer des petits sites saturés et adapter les flux aux besoins réels des associations.

Timeline

2015
Lancement de DREAM à Mabru.

2016
Diagnostic logistique du secteur par la Concertation Aide Alimentaire.

2017–2021
Incubation du réseau LOCO.

Décembre 2021
Création de l’asbl LOCO.

2023–2024
Plus de 1 500 tonnes distribuées à 120 organisations par les membres du réseau.

Acteurs

Les associations d’aide alimentaire, antennes locales, structures de terrain et organisations receveuses, dont certaines sont situées dans les Marolles.

Le CPAS de la Ville de Bruxelles, porteur du projet DREAM.

Mabru, les marchands participants et les entreprises alimentaires donatrices.

LOCO asbl, comme réseau de mutualisation, de coordination, de plaidoyer et de soutien logistique.

La Concertation Aide Alimentaire, la FdSS et les partenaires de plaidoyer ou de régulation, notamment l’AFSCA, Comeos, FEVIA, Bruxelles Mobilité et Bruxelles Environnement.

Les communes et CPAS partenaires, qui participent à l’écosystème de l’aide alimentaire et de la redistribution.

Points forts et offre

Collecte et redistribution d’invendus frais vers le secteur de l’aide alimentaire.

Appui logistique aux associations, notamment pour des structures qui n’ont pas toujours les véhicules, le personnel, le stockage ou les outils nécessaires.

Mise en relation entre entreprises alimentaires donatrices et organisations receveuses.

Mutualisation de moyens logistiques au bénéfice d’acteurs de petite taille.

Outils et procédures partagés : boîte à outils, bibliothèque, Bourse aux dons, accompagnement et documentation.

Redistribution de produits frais et sains vers un plus grand nombre d’organisations.

Insertion socioprofessionnelle via DREAM et les contrats article 60.

Capacité de plaidoyer auprès d’acteurs clés pour améliorer les règles, les pratiques et les conditions de redistribution.

Ancrage très concret dans les réalités logistiques bruxelloises, y compris les quartiers denses comme les Marolles.

Logistique urbaine

Comment cela fonctionne ?
DREAM récupère très tôt le matin des fruits et légumes invendus auprès des marchands de Mabru et d’autres fournisseurs. Les denrées sont triées, stockées en chambres froides, encodées sur la Bourse aux dons, puis préparées en commandes. Les associations sont ensuite livrées, généralement entre 8 h et 13 h 30. LOCO, de son côté, structure un cadre de collaboration entre acteurs : mise en relation, mutualisation, accompagnement des dons, partage de véhicules ou d’espaces de stockage, et coordination entre dispositifs.

Pourquoi est-ce intéressant ?
Parce que le cas montre que l’aide alimentaire est traversée par des contraintes logistiques très fortes. Les invendus peuvent devenir une ressource, mais seulement si quelqu’un peut les récupérer à temps, les trier, les stocker, les redistribuer et respecter les règles sanitaires. La logistique devient ici une condition de justice alimentaire : mieux organiser les flux permet d’améliorer la quantité, la qualité et la diversité de l’aide, tout en libérant du temps pour l’accueil social des bénéficiaires.

À quels obstacles cela répond-il ?
Dépendance des associations aux invendus, hausse de la précarité alimentaire, manque de moyens logistiques dans les petites structures, difficultés de collecte et de stockage, risque que des denrées encore consommables deviennent des déchets, manque d’espaces tampons, contraintes de froid, rues étroites, stationnement compliqué et besoin de coordination fine entre donateurs, plateformes et receveurs.

Nœuds / obstacles identifiés
Transport ; tournées complexes ; multiplicité des petits points de livraison ; stockage tampon ; chambres froides ; congélation ; coût du mètre carré en ville ; contraintes de fraîcheur ; horaires matinaux ; fenêtres de livraison courtes ; manutention ; passage du camion à la camionnette ou au vélo-cargo ; normes AFSCA ; traçabilité ; procédures de redistribution.

Impacts positifs

Environnement — réduction du gaspillage alimentaire en évitant que des denrées encore consommables deviennent des déchets ; meilleure valorisation des surplus alimentaires.

Espace — possibilité de mieux organiser les flux d’aide alimentaire dans des quartiers denses, en travaillant sur les lieux de stockage, de déchargement et de redistribution.

Voisinage — soutien concret à des associations locales qui répondent à la précarité alimentaire, y compris dans des quartiers comme les Marolles.

Relations sociales — renforcement du lien entre donateurs, plateformes logistiques, associations, CPAS, communes et bénéficiaires ; libération possible de temps pour l’accueil social plutôt que pour la seule gestion des flux.

Besoins

Espaces de stockage tampon supplémentaires, accessibles et adaptés aux volumes variables.

Chambres froides, capacités de congélation et solutions de stockage pour accepter des lots plus importants ou des produits à durée de vie courte.

Financement durable pour stabiliser les équipes, les véhicules, les investissements logistiques et les outils de coordination.

Places de stationnement et zones de déchargement adaptées en ville, notamment dans les quartiers denses.

Outils de coordination partagés pour articuler la Bourse aux dons, les plateformes locales, les donateurs et les associations receveuses.

Coopération avec les pouvoirs publics pour faciliter l’accès à des espaces publics, parkings inutilisés ou bâtiments vides pouvant servir de relais logistiques.

Casse-têtes logistiques

Micro-logistique dans les quartiers denses : livrer des associations situées dans des rues étroites, avec peu de stationnement et des capacités de stockage limitées.

Livrer plus finement que la palette entière : certaines associations ont besoin de quantités adaptées, mais le fractionnement demande plus de temps, de tri et de manutention.

Articuler donateurs, plateformes, hubs, associations, CPAS, communes et mobilité urbaine sans multiplier les couches de coordination.

Faire du multimodal sans augmenter excessivement la manutention : passer du gros camion à la camionnette ou au vélo-cargo peut être pertinent, mais implique d’autres manipulations et parfois d’autres métiers.

Gérer les produits frais dans des fenêtres très courtes : collecte matinale, tri, stockage froid, préparation, livraison et réception doivent s’enchaîner rapidement.

Renforcer le stockage tampon sans déplacer simplement la saturation vers un autre lieu.

Trouver le bon équilibre entre efficacité logistique et mission sociale : la mutualisation doit aider les associations, pas leur ajouter une nouvelle charge organisationnelle.