15.05.2026

Mazette

Un café-brasserie coopératif des Marolles qui réintègre dans un même lieu l’approvisionnement, la transformation, la boulangerie, la brasserie, la cuisine et la sociabilité de quartier.

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Informations pratiques
Description
Timeline
Acteurs
Points forts et offre
Logistique urbaine
Impacts positifs
Besoins
Casse-têtes logistiques

Informations pratiques

Quoi ?
Mazette est un café-brasserie coopératif des Marolles, combinant bar, petite restauration, boulangerie, brasserie et production de boissons non alcoolisées. Le lieu produit un maximum sur place : bières brassées en cave, pains au levain cuits au feu de bois, focaccias, softs et préparations maison.

Qui ?
Mazette SC, coopérative réunissant des citoyen·nes, travailleur·euses et habitant·es des Marolles. Les fondateur·rices publiquement identifié·es dans les documents de lancement sont France Cardonnel, Pierre Bihin, Yorick “Yosh” Coomans et Boris Feron. La page coopérative actuelle met aussi en avant Pierre, Pablo, Yosh, Sarah et Boris.

Où ?
Place du Jeu de Balle 50, 1000 Bruxelles — Marolles, face au marché aux puces.

Quand ?
Projet préparé à partir de 2018 environ.
Coopérative constituée en 2021.
Ouverture du café-brasserie en mars 2022.

Contact
Mazette — +32 (0)2 446 17 18
mazette.brussels

Ressources
mazette.brussels ; Good Food Brussels ; BRUZZ ; BX1 ; Beer.be ; Mazette Gazette ; Les Grands Blés ; De Groentelaar ; documents publics de lancement Mazette.

Description

Mazette est un café-brasserie coopératif installé sur la Place du Jeu de Balle, dans les Marolles. Le lieu combine plusieurs fonctions habituellement séparées : bar, cuisine, boulangerie, brasserie, production de softs, événements, gouvernance coopérative et ancrage de quartier.

Son intérêt pour Palette tient au fait que Mazette n’est pas seulement un restaurant qui “source bien”. C’est un lieu qui réinternalise une partie importante de la transformation alimentaire : les pains et focaccias sont pétris et cuits sur place, les bières et boissons non alcoolisées sont produites en cave, et la carte évolue selon les saisons et les matières premières disponibles.

Mazette fonctionne donc comme un petit nœud alimentaire urbain intégré. On y voit se combiner approvisionnement en matières premières, stockage, fermentation, cuisson, brassage, préparation culinaire, service au comptoir et sociabilité. Le projet rapproche symboliquement et matériellement le champ, le moulin, le four, la cuve et l’assiette.

Timeline

2018 environ
Début du projet selon plusieurs articles et documents de lancement.

2021
Constitution de la coopérative et campagne de parts. Les documents publics de lancement précisent l’équipe fondatrice et le modèle économique initial.

Mars 2022
Ouverture du café-brasserie coopératif.

2022–2023
Visibilité médiatique bruxelloise, reconnaissance Good Food et nomination aux hub.awards 2023.

2025
Communication autour de “Mazette 4.0”, d’une cuisine plus paysanne, d’une relation plus directe avec De Groentelaar / Tijs, et de la boulangerie via le mini-documentaire Mazette.

2026
Le site indique 841 coopérateur·rices et 7 travailleur·euses fixes.

Acteurs

Mazette SC, comme structure coopérative assurant l’exploitation du lieu, la gouvernance, la production et le service.

Les travailleur·euses-coopérateur·rices, actifs au bar, en cuisine, en boulangerie, en brasserie et dans les fonctions de support.

Les citoyen·nes coopérateur·rices et habitant·es des Marolles, qui participent au soutien, à la gouvernance et à l’ancrage local du projet.

Les producteurs et artisan·es partenaires, notamment pour les légumes, farines, céréales, malt, houblon et autres produits sourcés.

De Groentelaar / Tijs Boelens, identifié publiquement comme partenaire maraîcher important dans l’évolution récente de la cuisine.

Les Grands Blés, identifiés publiquement pour les farines belges bio moulues sur pierre utilisées dans le pain.

Bruxelles Environnement / Good Food, comme écosystème de reconnaissance et d’alimentation durable bruxelloise.

Les partenaires de quartier et acteurs culturels, à travers les collaborations, événements et programmations.

Points forts et offre

Bières, softs, pains, focaccias et nourriture majoritairement faits maison.

Très forte intégration de plusieurs maillons de la chaîne alimentaire dans un même lieu urbain.

Visibilité rare du travail de transformation alimentaire en ville : fermentation, brassage, pain, cuisson, cuisine, stockage.

Réduction de certains intermédiaires grâce à la fabrication maison et aux liens directs ou raccourcis avec des producteurs.

Relation plus directe avec certains producteurs, notamment autour des légumes et des farines.

Capacité à adapter la cuisine à la saisonnalité réelle et à la disponibilité des produits.

Articulation convaincante entre qualité alimentaire, sociabilité de quartier, programmation culturelle et gouvernance coopérative.

Lieu vitrine pour réfléchir à ce que signifie concrètement “local” dans la restauration.

Cas très utile pour rendre tangibles des questions logistiques abstraites : stockage, fermentation, invendus, saisonnalité, matière première, travail humain et transformation.

Logistique urbaine

Comment cela fonctionne ?
Mazette achète une part importante de ses matières premières non transformées, puis réalise sur place une grande partie de la valeur ajoutée : brassage, fermentation, cuisson du pain, fabrication de softs, préparation culinaire et service. Le modèle réduit certains intermédiaires en aval, mais augmente fortement le travail de transformation dans le lieu lui-même.

Pourquoi est-ce intéressant ?
Parce que Mazette montre qu’un lieu horeca peut redevenir un lieu de fabrication, et pas seulement un point de consommation final. Le projet ne résout pas la logistique urbaine par une nouvelle couche de livraison ou un outil numérique, mais en travaillant l’amont : choix des fournisseurs, circuits raccourcis, transformation sur place, adaptation aux saisons et meilleure lisibilité de la chaîne alimentaire.

À quels obstacles cela répond-il ?
Éclatement de la chaîne alimentaire, dépendance à des produits semi-transformés, perte de lisibilité entre production et consommation, uniformisation de l’offre horeca, difficulté à maintenir des relations directes avec les producteurs, gaspillage lié à la standardisation, faible autonomie d’action des établissements dépendants de multiples intermédiaires.

Nœuds / obstacles identifiés
Temps long de fabrication ; charge de travail élevée ; saisonnalité ; aléas agricoles ; stockage ; cave ; froid ; fermentation ; coordination avec les producteurs ; prix juste ; accessibilité économique ; équilibre entre lieu productif, lieu accueillant et lieu culturel ; risque de perception comme acteur de gentrification malgré l’ancrage local revendiqué.

Impacts positifs

Environnement — potentiel de réduction de certains transports de produits finis et d’une partie des emballages, même si l’impact exact dépend des flux amont réels, des livraisons, des volumes et des fournisseurs.

Espace — renforcement d’une offre de proximité accessible à pied dans le quartier, tout en concentrant plusieurs fonctions productives dans un même lieu urbain.

Voisinage — contribution possible à une fréquentation locale plus quotidienne et moins uniquement événementielle, avec les questions classiques de voisinage liées à un lieu horeca actif.

Relations sociales — impact fort : coopérative, lieu de rencontre, événements, collaborations locales, implication de travailleur·euses et citoyen·nes, visibilité du travail artisanal et lien avec les producteurs.

Besoins

Un approvisionnement régulier et fiable en matières premières de qualité : légumes, farines, céréales, malt, houblon et autres produits.

Des espaces adaptés au stockage, à la fermentation, au froid, à la préparation, au brassage et à la boulangerie dans un local urbain dense.

Du temps de coordination avec les producteurs et une capacité d’adaptation à la saison, aux volumes disponibles et aux imprévus agricoles.

Des compétences techniques fortes en boulangerie, brassage, fermentation, cuisine et gestion d’un lieu hybride.

Un équilibre entre lieu productif, lieu accueillant, commerce horeca, espace culturel et coopérative de quartier.

Une documentation plus fine des flux amont : fréquence des livraisons, volumes, véhicules, emballages, stockage et part réellement produite sur place.

Casse-têtes logistiques

Faire tenir économiquement un modèle très intensif en main-d’œuvre, où une grande partie de la valeur ajoutée est produite sur place.

Arbitrer entre prix justes pour les producteurs et travailleur·euses, accessibilité économique pour la clientèle et viabilité du lieu.

Composer avec les imprévus agricoles et la saisonnalité sans standardiser excessivement l’offre.

Assurer le stockage, la fermentation, le froid, la cave, le four et la cuisine dans un même établissement urbain.

Maintenir l’équilibre entre un lieu accueillant pour le quartier et un outil productif avec de fortes contraintes techniques.

Éviter que le projet soit perçu comme une vitrine déconnectée du quartier ou comme un facteur de gentrification, malgré son ancrage local et coopératif.

Rendre le modèle éventuellement transférable à d’autres cafés ou restaurants sans dépendre d’une combinaison trop rare de compétences, de lieu, de public et d’engagement coopératif.